Comment?

RETROUVER LA RELATION INNÉE AU RYTHME
Le processus TaKeTiNa expliqué par Reinhard Flatischler

« Dans un cercle de tambours, on peut étudier des rythmes spécifiques comme le rythme Brésilien de la samba, ou un rythme Africain ou Balinais. Plutôt que de travailler un rythme spécifique, TaKeTiNa travaille avec ce que nous appelons les « rythmes archétypaux », des mouvements inhérents au système sensori-moteur de tous les êtres humains. »

Flatishler explique que dès la vie intra-utérine nous avons une relation très intense au rythme:
« Le rythme est la première information que nous recevons. C’est le lien qui nous guide depuis le monde d’avant la naissance jusqu’à ce monde où nous naissons. Quand vous êtes dans le ventre de votre mère vous entendez les battements du coeur et le flot du sang, vous sentez ses mouvements et vous entendez le rythme de sa voix. Tout cela est rythme. Vous ne comprenez pas ce qu’il se passe, mais vous ressentez le rythme. En grandissant, des millions de cellules cérébrales doivent se connecter et se synchroniser en rythme afin que vous compreniez votre environnement. »

« Dans TaKeTiNa, le corps est considéré comme l’instrument au travers duquel des images rythmiques primaires, non pas des schémas rythmiques spécifiques, sont accessibles. En utilisant les mains, les pieds et la voix, le processus implique l’incorporation simultanée de trois rythmes contrastés. »
Puis le leader guide le groupe dans des échanges de vocalisations. Les appels sont parfois en harmonie avec les pas ou les claps, mais d’autres fois, ils entrent en conflit avec ces rythmes, créant une tension palpable susceptible d’amener les participants à perdre le rythme.

Selon Flatischler, l’alternance entre être dans-et-hors du rythme est essentielle au processus:
« Tout comme les hauts et les bas dans la vie, nous alternons entre ordre et chaos. Ce processus amène les participants à être dans le rythme, puis à le perdre. Dans cette alternance, on arrive à un certain stade où le système sensori-moteur est déclenché et l’on sait comment bouger. » La conséquence est que des personnes n’ayant jamais étudié la musique peuvent s’accorder à des rythmes très complexes.

« En 3 à 6 jours, tout le monde est dans le rythme. Quelle que soit la complexité du rythme, ils sont dedans avec leur voix, leurs pas et leurs claps. Ce n’est pas parce qu’ils ont appris le rythme; ils ne forment qu’un avec ce rythme, et sont pleinement un à ce moment.
En exploitant ce savoir rythmique primaire, une personne peut acquérir ces rythmes simultanés différents – connus comme polyrythmes – ce qui peut prendre à des étudiants en musique très avancés des mois ou des années. Volontairement, il serait impossible à quiconque de maîtriser ces étapes si rapidement. On ne peut accéder à cette connaissance de manière linéaire, cependant, comme le corps se souvient de ces archétypes rythmiques, il peut les retrouver. »

« Quand vous « tombez » dans le rythme, vous perdez la notion du temps linéaire, du passé et du futur. Vous êtes juste dans l’ici et maintenant. Le processus amène les participants à un état de présence très relâché. Il y a plusieurs manière d’atteindre cet état, mais le rythme est probablement le plus ancien et le plus facile moyen d’y accéder. Dans le même temps, vous développez une réelle compétence rythmique car ce que vous avez expérimentez dans le rythme perdure en vous. »

Extrait d’une interview de Reinhard Flatischler réalisée par Randy Peyser et publiée dans la revue « Conscious Dancer » Fall 2009

Visitez également : http://taketina.com

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